
| Démarche artistique
La Forêt de Samuelle est un ambitieux projet de longue haleine qui, lentement mais sûrement, ainsi que croissent les arbres, s'étendra sur toute une vie humaine, pour pleinement incarner la vision originale qui l'aura animée depuis que cette idée m'a habitée. Ainsi. après des années de collaboration et de conception à élever, puis réunir, chaque arbre qui la compose, une Foret inoubliable va voir le jour. Il
s'agit de concevoir et faire naître peu à peu de nos
mains - les miennes comme celles d'artistes partageant cette vision et qui ont à coeur
de se joindre à ce projet qui se veut avant tout universel,
une forêt de sculptures d'arbres fabuleux de grandes tailles,
solides et fières silhouettes composées de matériaux nobles dans la plus pure tradition sculpturale, exposées au grand vent et aux
intempéries du dehors, et entièrement dédiées
au règne de l'arbre et de l'humain.
Certains de ces arbres, automates fonctionnant en partie de façon mécanique par deversoir ou pesée avec les éléments climatiques, tels la pluie, le soleil, la neige et la température par exemple (dépendamment des régions et pays où ils seront implantés), se veulent des indicateurs de la santé des hommes et de l'environnement. Par exemple, le projet de l'arbre carbonique se basera sur une réaction au taux de dioxyde de carbonne, faisant s'épanouir ou se recroqueviller la sculpture, telle une oeuvre d'art témoin de la qualité de l'air pour les citoyens d'une ville.
Rappelons-nous ceux qui auront témoigné de nos moeurs
et leurs époques; il y eut les arbres à pendus qui affichaient
clairement la couleur à l'entrée des villes françaises
du moyen-âge en matière de répression du vol...
Ce pénible spectacle faisait passer un message clair aux voyageurs
de passage, quant au sort réservé aux criminels, et
dont témoignent nombre de gravures... Si
souvent, voyageant à travers le monde, je me suis mise à
ressentir un malaise de plus en plus grand dans certaines villes qui
me semblaient dénuées de beauté et de vie, sans
que je parvienne à en trouver d'explication... Jusqu'au jour
où j'ai compris l'évidente correlation entre l'absence
d'arbres pour faire contrepoids à la tristesse d'un béton
omniprésent lui ayant succédé, et troquant racines
contre bitume...
Toute personne ayant lu l'admirable nouvelle de Jean Gionno, l'Homme qui plantait des arbres (ou encore mieux, ayant visionné l'extraordinaire film d'animation de mon ami Frédérique Back, récipiendaire d'un oscar, illustrant cette histoire stupéfiante avec tant d'âme), saurait pourtant dire quel miracle peut jaillir de nos mains et transfigurer notre univers lorsque l'on fait l'effort de faire naître un brin de vert au milieu de tant de gris... Ainsi, comment ne pas saluer ces créations si naturellement belles, qui nous rappellent partout où elles s'élèvent, notre modeste condition d'hommes, cet état de simples bipèdes, vertébrés mais pensants, éloignés, avec le recul de nos forêts séculaires, de nos racines profondes ?
Finalement,
quelques années plus tard, mêlée au besoin confus
et obstiné de dessiner arbres et racines anthropomorphes, naquit
bientôt en moi une idée-phare incontournable. Il était
grand temps, face aux déforestations scandaleuses et massives,
d'élever en hommage à la fragile lenteur de la Nature
et contre tout pessimisme face aux menaces écologiques qui
pèsent sur eux, des arbres-sculptures transfigurés et
éternels formant une forêt universelle nous liant aux
arbres... À
une époque et dans des pays où les consciences s'éveillent
lentement mais surement, en près de 20 ans (soit toute ma jeunesse),
j'ai pu constater un immense effort de sensibilisation à l'importance
de l'environnement et à l'urgence de réfléchir
à notre avenir, avec force renfort d'études, articles
et documentaires, mais aussi grâce aux efforts soutenus d'organismes
non-gouvernementaux (puis peu à peu gouvernentaux) auprès
du public...
Pour la petite histoire, qui saura peut-être nous rappeler quels miracles notre courage peut parfois nous permettre d'accomplir, tout d'abord dénigrés et hués par l'industrie, Richard Desjardins et Action Boréale ont créé un raz de marée politique et social auquel le Rapport Coulombes a fini par donner raison, après deux ans d'enquêtes gouvernementales... Ceci afin de voir ainsi naître de nouvelles législations de régulation et de surveillance plus adéquates et responsables vis-à-vis du patrimoine végétal collectif de la Belle-Province...
Pour ma part, ce projet que je porte en moi depuis l'enfance et que je souhaite contagieux, une forêt de sculptures manipulables et fidèles à leurs muses végétales, se voudrait ma contribution personnelle à une cause qui hante mes reves depuis toujours. Mon
souhait le plus cher est de pouvoir élever patiemment et sans
relache cette forêt afin de la laisser, comme je l'espère,
en héritage après moi, pour témoigner d'un immense
respect envers les arbres pour les générations a venir....
Certains y croient, je les en remercie, ils donnent vie et sens à
tout ceci; et j'invite les autres, artistes ou amoureux de l'art ou
du monde, à se joindre à ce projet dans lequel ils auront
une place de choix. Je citerai une anecdote: un proche m'a fait un jour cette remarque étonnante, emprunte de simplicité et de bon sens, qui pourrait pourtant changer nos cadres de vie. C'était face à un énième scandale de coupe abusive d'arbres centenaires, médiatisé pour une fois, sur un chantier de construction publique où des contracteurs paresseux et peu scrupuleux avaient préféré courir le risque de payer une amende, ridicule de toute façon, plutôt que d'épargner des arbres qui n'étaient pas nécessairement gênants pour la durée des travaux. Sébastien m'a alors dit : " Tu te rends compte comme ça pourrait être simple et porteur de créer une loi qui changerait les mentalités, et qui, plutôt que de s'en tenir à une amende ridicule, nous obligerait pour tout arbre coupé, à en replanter au moins deux autres, mettons d' au moins 6 pieds, à la place?"
Comment
dans ces conditions-mêmes, ne pas constater la lenteur de changement
des mentalités ? Va-ton se réveiller trop tard quand
c'est déjà ainsi, non pas en Amazonie ou dans les forêts
boréales éloignées, mais à nos portes,
à Montréal comme ailleurs?
Face à tout cela, je me suis alors assise et me suis dit :
"Pourquoi juste remplacer par deux arbres chaque arbre abattu?
Et si c'était plutôt trois, ou même quatre ? Mais
encore dans ce cas, pourquoi pour ma part, ne pas exprimer ma réflexion
en élevant une forêt extraordinaire et qui me survive
- ainsi qu'aux moeurs changeantes et parfois dépourvues de
sens d'hommes qui abattent des merveilles pour les meilleures raisons
du monde? Comment protéger une forêt d'un sceau sacré
?
C.
La Forêt de Samuelle, un rêve à habiter...
Cette forêt de sculptures à contempler, à jouer et à habiter, vise à rendre hommage à l’Arbre, ce poumon dont notre corps est à l’image... Car nous avons sans contredit oublié cette étonnante mise en abyme de l’humain et du végétal : leur intime entremêlement ne fonde-t-il pas une métaphore des plus frappantes pour toute personne contemplant, en médecine notamment, une planche anatomique du système respiratoire?
Cette forêt est habitée de sculptures fabuleuses en terre, verre, métal, bois et argile - nobles matériaux issus du cœur terrestre et mis en synergie pour transcender les siècles,- articulées selon les principes naturels et mécaniques de la gravité comme de la vie biologique. Elle s’inspire fidèlement du génie créatif à l’œuvre dans la nature et poussée à l’extrême, jusqu’à la mutation vers une intime corrélation humain-végétal assurant possiblement la survie des arbres et saluant leur histoire… Ces œuvres s’élèvent en vue de rappeler – en rêvant l’avenir - que le monde végétal devra évoluer en apprenant à s’adapter face à la désolation qui le touche, fruit d’humains en transe, scientifiques sans foi jouant avec les forces de la vie, de l’air, de l’eau, de la terre, des gênes et de l’avenir commun du biotope terrestre lui-même. Cette forêt mutante et transfigurée devrait-elle être un jour le seul témoignage d’un passé végétal à nous survivre ? "
Inventaire des espèces arboricoles actuelles de la Forêt (liste du "Forestiaire"): 1.
Un arbre vitrail – branches réunies par des vitraux de
couleurs et formant un dôme vitrifié Tous droits réservés 2000-2010 @ Samuelle Ducrocq-Henry
Je m'attacherais essentiellement dans ce texte à présenter ma démarche picturale, mes inétrêts évidents et pluriels pour les arts médiatiques étant plus pleinement exposés dans la section de ce web-folio traitant de mes oeuvres numériques. Ma production est figurative et s’appuie sur de solides bases académiques de dessin d’observation de modèles vivants, bien que mes compositions soient le plus souvent réalisées d’imagination. Mes
œuvres comprennent des aquarelles de formats moyens classiques
(40x50 cm) et principalement des huiles sur toile de plus grand format,
avoisinant souvent les 120x60 cm.
On
reconnaît facilement mes œuvres aux symboles qu’on
y retrouve et qui sont aisément reconnaissables; ils comprennent
la figure humaine, toujours stylisée et un peu arrondie, les
ornements multiples ( architecturaux, vestimentaires, paysagers, de
joaillerie, etc.), et les couleurs riches et très saturées
( notamment les bleus et souvent l’or ), qui se répètent
parfois jusqu’à former des motifs rappelant les tapisseries
du XIII et XIV èmes siècles.
J’accorde une grande importance à l’esthétique car je souhaite que mes toiles relèvent d’un ensemble harmonisant à l’effet pacificateur et résolument optimiste. Mon vœu le plus cher serait de parvenir à dévoiler, par le biais de la peinture, les divers aspects revêtus par ce Merveilleux que l’on ne sait plus voir, et qui parvient pourtant à tisser notre quotidien de petits et grands instants précieux...
Tous droits réservés 2000-2010 @ Samuelle Ducrocq-Henry
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